• Hank Marwin


    Brian Robson Rankin, alias Hank Marvin, est né le 28 octobre 1941 à Newcastle en Grande Bretagne. Leader du groupe de rock The Shadows, il s'est illustré pour son jeu fluide aux confins du rock'n'roll et de l'easy-listening. Moins connu sur le continent que d’autres guitaristes anglais, Hank Marvin doit cette relative désaffection à la très grande popularité du groupe dont il était membre, les Shadows. Pionnier d’un rock instrumental très mélodique, le groupe anglais déclencha les passions en Europe dans la première partie des années soixante. Au fil de tubes comme Apache, F.B.I., Wonderful Land, Foot-Tapper, tous les guitaristes en herbe se mirent à imiter le son et le jeu de Hank Marvin, jusqu’à la caricature. C’est véritablement avec lui et son groupe que la guitare devint la voix du rock. Imaginez que des gens aussi différents que Ritchie Blackmore,Phil Collins, Neil Young (cfr la chanson "From Hank to Jimy"), Mark Knopfler, David Gilmour, Pete Townshend, Mike Oldfield, Jean-Pierre Danel, Frank Zappa (premier album des "Mothers of inventions")Laurent Voulzy, Yves Simon, Afrikaa Bambaataa ou Dan Ar Braz revendiquent d'avoir été influencés d'une manière ou d'une autre par les Shadows. Et il ne s’agit là que quelques exemples: Hank Marvin a sans doute été le guitariste blanc le plus influent des années soixante. Rien que pour cela, il mérite l'estime et l'intérêt. Très « cocoonés » par un management paternaliste, les Shadows suivirent une direction musicale proche de la variété grand public ("easy listening") dès la moitié des années soixante. Pendant que les Beatles, les Stones, les Kinks, entre autres, gardaient le contact avec tous les courants en vogue, les Sadows suivaient le sillage imprimé par Cliff. Car si la carrière de cet excellent chanteur propulsa leur carrière en 159-1960, on peut penser qu'elle l'entrava quelque peu ensuite. Le groupe avait en effet quelque difficulté à donner une image très claire d'eux-mêmes: rock (leurs standards!instrumentistes de variété (voir l'album jigsaw), "entertainers" grand public(les films "finders keepers", les pantomimes comme "Ciderella" en 1966 au London palladium). Les années 66 et 67 furent sans doute les plus productives de cette décennie sur le plan artistique mais constituèrent aussi les adieux définitifs des Shadows avec ce qui allait devenir la "rock music". Pour "durer", ils avaient opté pour les recettes éprouvées: shows télés familaux, tournées dans des cadres "bourgeois"(Talk of the town, Palladium, casino de Knokke par eemple). Mais ces recettes fonctionnèrent partiellement en imprégnant leur image d'amuseurs familiaux dans les esprits anglai...mMis qu'ils étaient loin de leurs racines! A cet égard, il faut voir également sur « You tube » les participations de Hank marvin aux shows de Cliff Richard ou d’autres vedettes de la BBC à la fin de cette décennie et début de la suivante, passant de sketchs loufoques (inspirés des frères Marx) à l’interprétations de quelques-uns de ses succès ou de standards de l’époque. Pour des ados amateurs radicaux de gens comme Dylan, les Stones ou les Beatles, ou des guitaristes de hard rock, c’était tout simplement hors de propos. Les Shadows perdirent ainsi le contact avec les nouvelles générations qui ne purent se reconnaître dans ce groupe de pères tranquilles. Leur participation au concours eurovision en 1975 surprit tous ceux qui, sur le continent, gardaient du groupe l'image du premier groupe de rock européen... Hank Marvin et Bruce Welch essayèrent pourtant, au travers d’un groupe appelé Marvin-Welch and Farrar, de se débarrasser de leur ancienne image au début des années soixante-dix. Leurs albums vocaux, superbes, furent applaudis par la critique mais sur scène, le public ne cessait de réclamer leurs anciens hits. Et puis, à nouveau, la présentation du premier album "Marvin-Welch and Farrar" avait défié les règles d'un marketting intelligent: présentation des chansons à des TV shows de Cliff Richard (conspué à l'époque par tous les "rockers") et sortie d'un nouvel album instrumental des Shadows (Shades of rock) au même moment. Ajoutez à cela que trop de peu de copies de ce premier opus de MW§Farrar avaient été éditées et vous comprendrez la faillite de la tentative. A cette époque, il est devenu honteux de dire que l'on aime les Shadows. C'est la moquerie assurée tant leur image est devenu ringarde. Pourtant, très peu de temps plus tard quand des dizaines d'immenses vedettes les citèrent comme leur première influence, les choses commencèrent à changer. Un fait navrant subsiste néanmoins. les "spécialistes" du rock continuent à sousestimer leur rôle dans l'histoire de la musique populaire et surtout, ignorent complètement leurs meilleurs albums quand ils s'escriment à vouloir établir les "listes définitives" des grands disques des 50 dernières années.... En dehors du groupe, Brian Bennet devint -et demeure aujourd'hui-un compositeur de musiques de films reconnu. Bruce Welch se consacra à la production et lança Olivia Newton John et rafraîchit la carrière de Cliff Richard en 1976 avec "I'm nearly famous". John Rostill, bassiste des Shadows, depuis 1963, mourut électocuté en 1973 après avoir tourné quatre ans avec Tom Jones. Il ne connut pas le succès commercial énorme de trois de ses compositions devenues ensuites des tubes par Olivia Newton John. Pour l’anecdote, deux de ses compositions figuraient aussi sur l'ultime-et posthume- album d'Elvis Presley. John Farrar quitta l'Angleterre pour se concentrer sur la carrière d'Olivia Newton-John, véritable "produit" de l'écurie Shadows. On lui doit, entre autre le planétaire "You're the one that i want".

    Dans les années quatre-vingts, les Shadows se reformèrent à la faveur du succès phénoménal de leur compile « Twenty golden hits », deuxième vente de l’année en Grand-Bretagne en 1977, directement suivi d'un autre n°1 ("String of hits") et un top 5 ("New string of hits"). Passant chez Polydor, ils assurèrent leurs vieux jours par un contrat juteux. Chaque album sorti à cette époque reçut une telle promotion publicitaire qu’à tous les coups, le label or ou platine était assuré. Côté artistique, malheureusement, on resta sur sa faim : il s’agissait de reprises sans âme de hits ou de standards de toutes époques. C'était d'ailleurs Polydor puis Universal qui choisissait les titres pour eux. Commercialement, une belle opération mais artistiquement, quelle daube! Les Shadows ne cherchaient plus à prouver quoi que ce soit. Deux ou trois exceptions sont à signaler et valent le déplacement: "Shades of rock" en 1971 et "Rocking with curly leads" deux ans plus tard ou encore "Guardian angel". Ventes mineures sans doute mais une réelle créativité. Dans les années quatre-vingts-dix heureusement, Hank Marvin se lança définitivement dans une carrière solo. Certains albums étaient réellement excellents comme "Into the Light", "Hank Plays Holly" ou encore l’acoustique "Guitar Player". Pas encore complètement rangé des voitures ces dernières années, Hank Marvin enregistra un duo avec Jean-Pierre Danel sur l'album de ce dernier "Guitar Connection 2". En juin 2007, Universal sortit "Guitar man", un album qui jouit d'une bonne promotion télé en Grande-Bretagne. En deux semaines, l'album était sixième au "top 50". L'ensemble n'apporte rien de neuf et se rapproche à nouveau du genre "Easy listening"... mais, les amateurs se réjouiront-et à raison- d'entendre la "golden touch" du maître. Hank Marvin semble avoir aujourd'hui définitivement dit adieu aux Shadows même s'il a participé à deux tournées triomphales avec eux: tout d'abord celle des Sadows puis plus tard celle de son groupe derrière Cliff. Sold out partout et un spectacle de grande qualkité.Actuellement, on peut encore l'admirer au sein d'une formation de jazz: "Le Hank Marvin's gypsy quartet". Techniquement, ceux ont pu le voir ou même travailler avec lui, le disent meilleur que jamais... 

    Il vient d'achever-automne 2011-un album de jazz manouche. A suivre... Pour l'anecdote, signalons tout de même que lors d’un calcul vieux de quelques années, Hank Marvin était l’artiste étant resté le plus de temps dans les hit-parades anglais : 303 semaines avec les Shadows, 328 avec les Shadows accompagnant Cliff Richard et 9 en duo avec Cliff sur "Throw Down A Line", etc.- Au total : 640 semaines! Depuis, le calucl peut être même revu à la hausse! Pour les mélomanes, j'aimerais avoir votre avis: écoutez "Guitar" Tokyo de Hank Marvin (1969) el les riffs de "Smoke on the Water" de Deep Purple". Ritchie Blackmore n'aurait-il pas gardé le morceau de Hank dans l'oreille au moment de composer son célèbre classique? Albert Warnotte